NOUVEAU
PARTENARIAT POUR LE DEVELOPPEMENT DE L'AFRIQUE (NEPAD)
Le Nouveau
Partenariat pour le Développement de l'Afrique est une
promesse faite par des dirigeants africains de placer leurs
pays, individuellement et collectivement, sur la voie d'une
croissance et d'un développement durable, tout en participant
activement à l'économie et la politique mondiales.
Ce programme
constitue un nouveau cadre d'interaction avec le reste du monde,
notamment avec les pays industrialisés et avec les organisations
multilatérales. Il est fondé sur un ordre du jour,
décidé par les Africains de leur propre initiative
et de leur propre gré, afin de déterminer eux-même
leur destin.
Les
termes du contrat
A - les obligations des responsables africains
Pour réaliser ces objectifs, les dirigeants
africains devront en assumer en commun un certain nombre de responsabilités
:
Restaurer et maintenir la paix en consolidant les mécanismes
de prévention, de gestion et de résolution des conflits
aux niveau régional et continental ;
Promouvoir
et protéger la démocratie et les droits de l'homme
dans leurs pays et leur région en établissant des
normes claires de responsabilité, de transparence et de
démocratie directe aux niveaux local et national ;
Restaurer
et maintenir la stabilité macro-économique, en particulier
en mettant au point des normes appropriées en politiques
monétaires et en instaurant des cadres institutionnels
adéquats pour en assurer la réalisation ;
Favoriser
la transparence des marchés financiers en instaurant des
cadres juridiques et réglementaires adéquats, pour
assurer l'audit des compagnies privées comme du secteur
public ;
Revitaliser
et élargir la prestation de services d'enseignement, de
formation technique et de santé, en accordant une forte
priorité à la lutte contre le VIH/Sida, le paludisme
et autres maladies contagieuses ;
Promouvoir
le rôle des femmes dans le développement socio-économique
en renforçant leurs capacités dans les domaines
de l'éducation et de la formation, en développant
des activités lucratives grâce à un accès
plus facile au crédit et en assurant leur participation
à la vie politique et économique des pays d'Afrique
;
Renforcer
la capacité des Etats d'Afrique d'instituer et de faire
respecter la législation et de maintenir l'ordre ;
Promouvoir
le développement des infrastructures, de l'agriculture
et sa diversification vers les agro-industries et les manufactures
au service des marchés locaux comme de l'exportation.
B - Les engagements des Etats du Nord 
Les dirigeants africains envisagent les responsabilités
et obligations suivantes pour les pays développés
et les institutions multilatérales :
Apporter un soutien matériel aux mécanismes et processus
de prévention, de gestion et de résolution des conflits
en Afrique, ainsi qu'aux initiatives de maintien de la paix ;
Accélérer la réduction de la dette des pays
pauvres très endettés, en conjonction avec les programmes
les plus efficaces de lutte contre la pauvreté pour lesquels
le Partenariat stratégique pour l'Afrique et le Document
de stratégie pour la réduction de la pauvreté
constituent des bases importantes ;
Améliorer les stratégies d'allégement de
la dette pour les pays à revenus moyens ;
Renverser la tendance à la diminution des apports d'APD
(Aide Publique au Développement) à l'Afrique et
aux autres pays en développement en réalisant la
cible d'une APD équivalent à 0,7 % du PNB de chacun
des pays développés dans un délai à
court terme dont il faudrait convenir. Cette aide accrue devrait
compléter les fonds libérés par la réduction
de la dette pour accélérer la lutte contre la pauvreté
;
Traduire en engagements concrets les stratégies internationales
adoptées en matière d'éducation et de santé
;
Faciliter l'instauration de partenariats entre les Etats, les
sociétés pharmaceutiques internationales et les
organisations de la société civile pour faciliter
et accélérer l'accès des Africains souffrant
de maladies infectieuses aux médicaments idoines ;
Assurer aux produits des pays en développement l'accès
aux marchés des pays développés au moyen
d'initiatives bilatérales et négocier en faveur
des pays d'Afrique des conditions plus équitables dans
le cadre des accords multilatéraux de l'OMC ;
S'efforcer avec les dirigeants africains d'encourager les investissements
du secteur privé des pays développés en Afrique,
notamment par la mise en place de mécanismes d'assurance
et d'instruments financiers qui contribuent à diminuer
les primes de risque en matière d'investissement en Afrique
;
Relever les normes de protection des consommateurs eu égard
aux exportations des pays développés vers les pays
en développement aux mêmes niveaux que ceux qui s'appliquent
sur les marchés domestiques des pays développés
;
Faire en sorte que la Banque mondiale et les autres institutions
multilatérales de financement du développement apportent
des investissements aux projets cruciaux d'infrastructures économiques,
pour faciliter et appuyer la participation du secteur privé
;
Offrir un soutien technique pour accélérer la mise
en uvre du programme d'action, notamment la consolidation
des capacités de l'Afrique pour la planification et la
gestion du développement, les réglementations en
matière de finances et d'infrastructures, la comptabilité
et l'audit ainsi que la conception, la construction et la gestion
des infrastructures ;
Appuyer les réformes à la gouvernance des institutions
financières multilatérales pour qu'elles tiennent
mieux compte des besoins et des préoccupations des pays
d'Afrique en particulier ;
Mettre en place des mécanismes coordonnés de lutte
contre la corruption et s'engager à rendre à l'Afrique
tous les gains provenant de ces pratiques.
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