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Longtemps boycotté financièrement
par la communauté internationale pour cause de " déficit
démocratique ", le Togo est aujourd'hui salué
par des experts onusiens pour nombre de ses performances. C'est
ainsi que le dernier Rapport mondial sur le développement
humain (2002), dressé par le Programme des Nations
Unies pour le développement (Pnud), classe le Togo en première
position parmi les huit pays de la zone Uemoa (Union économique
et monétaire ouest-africaine) et en deuxième position
parmi les quinze pays de la Cedeao (Communauté économique
des Etats de l'Afrique de l'Ouest).
L'Indice de développement humain (IDH),
mis au point par le Pnud pour départager les 173 pays du
monde étudiés, combine cinq critères: le
niveau de vie (notamment l'accès à l'eau potable
et à l'électricité) ; le taux de scolarisation
et de couverture médicale ; la création d'emplois
et la réduction de la pauvreté ; la consolidation
de la stabilité et de la sécurité des personnes
et des biens ; la protection et la jouissance des libertés
publiques
MIEUX QUE LES GRANDS
Bref on constate que, pour le développement humain, le
Togo devance le Nigeria (en 148e position), le Sénégal
(154e), la Côte d'Ivoire (156e), le Bénin (158e),
la Guinée (159e), la Gambie (160e), le Mali (164e), la
Guinée-Bissau (167e), le Burkina (169e), le Niger (172e),
la Sierra Leone (173e)
Sans compter le Liberia et le Cap-Vert,
dont les statistiques ne sont pas disponibles et qui, de toute
façon, figurent au bas de l'échelle.
Notons que tous les Etats susmentionnés - et le Ghana,
seul membre de la Cedeao qui surpasse le Togo - ont bénéficié
sans discontinuer d'une aide au développement, alors que
le pays du président Eyadéma en a été
privé pendant près de dix ans par l'Occident. Celui-ci
voulait sanctionner le Togo pour la manière dont les élections
s'y sont déroulées, en 1993 et 1994
Il faut relever, par ailleurs, que le Togo dépasse, en
matière de développement humain, des pays très
riches en hydrocarbures (comme le Nigeria et la Côte d'Ivoire),
en minerais (la Guinée détient ainsi les deux tiers
des réserves mondiales de bauxite) ou en matières
premières agricoles (la Côte d'Ivoire assure 40 %
de la production mondiale de cacao)
Le Togo, lui, n'est
qu'un modeste producteur de phosphates (le 12e de la planète).
PERCÉES SOCIALES

Une
croissance démographique très soutenue
n'empêche pas une réduction régulière
de la pauvreté.
Si l'on en croit le tableau dressé
par le Pnud, le Togo ne doit gagner que quatre places pour passer
de la catégorie des pays à faible développement
humain à celle des pays à développement humain
moyen, comme le Ghana, le Kenya (vitrine de l'Afrique de l'Est
anglophone), le Cameroun (perle de l'Afrique équatoriale)
ou le Congo Brazzaville (gorgé de pétrole). Or,
de nombreux éléments donnent à penser qu'une
telle promotion est à la portée des autorités
de Lomé, dans un avenir proche.
D'une part, l'Indice de développement humain du Togo ne
fait que progresser depuis dix-huit ans, passant de 0,440 en 1985
à 0,465 en 1990, puis 0,476 en 1995 et 0,493 en 2000. Ce
n'est pas le cas du Cameroun, qui évolue en dents de scie,
cependant que le Kenya régresse régulièrement,
de 1990 à 2000. D'autre part, après la France, le
FMI et la Banque mondiale, l'Union Européenne vient de
reprendre son aide à Lomé : un apport significatif,
qui ne devrait pas manquer d'améliorer les performances
togolaises.
D'ores et déjà, pour ce qui concerne certaines composantes
du développement humain, on constate que le Togo fait mieux
que son voisin ghanéen ou que ses challengers d'Afrique
centrale ou orientale. Prenons les critères réduction
de la pauvreté et niveau de vie
Contrairement au
Congo - " qui affiche un retard important " - le Togo
est jugé par les experts onusiens " en bonne voie
" pour diminuer de moitié la proportion d'individus
souffrant de faim ou de malnutrition.
54 % des Togolais ont accès à des points d'eau aménagés,
alors que ceux-ci ne sont disponibles que pour 51 % des Congolais
et 49 % des Kenyans. Le PIB par habitant en 2000 (calculé
par le PNUD en tenant compte du pouvoir d'achat) atteint 1.442
$ au Togo mais n'excède pas 1.022 $ au Kenya, 896 $ au
Nigeria, 825 $ au Congo. L'inflation reste inférieure à
2 % au Togo mais dépasse 25 % au Ghana, pour la même
période (1999/2000). Enfin, 11 Togolais sur mille sont
abonnés, en 2000, à un service de téléphonie
mobile ; c'est le cas pour seulement 10 Camerounais, 6 Ghanéens
et 4 Kenyans sur mille.
SANTÉ ET ÉDUCATION

A
62%, le taux brut de scolarisation, du primaire au supérieur,
est l'un des plus élevés du continent !
Observons maintenant les critères santé
et taux de couverture médicale
L'espérance
de vie à la naissance d'un Togolais (51,8 ans) est, pour
commencer, supérieure à celles d'un Congolais (51,3
ans), d'un Kenyan (50,8 ans) ou d'un Camerounais (50 ans). De
plus, on compte 8 médecins pour 100.000 habitants au Togo
et 50 % des naissances y sont assistées par un personnel
médical qualifié, alors que les chiffres sont, au
Ghana, de 6 médecins pour 100.000 et 44 % de naissances
assistées. En outre, plus de la moitié des Togolais
peuvent se procurer les médicaments et vaccins essentiels,
à la différence des Ghanéens ou des Kenyans,
qui sont moins de 50 % à y accéder.
En découlent deux conséquences : 76 % des enfants
togolais d'un an sont vaccinés contre la tuberculose (39
% seulement des Congolais du même âge) et 43 % contre
la rougeole (23 % seulement des Congolais d'un an) ; ce qui se
traduit, fort logiquement, par 28 cas de tuberculose seulement
pour 100.000 habitants au Togo, au lieu de 194 au Kenya, 175 au
Congo, 53 au Ghana, 52 au Cameroun !
Les chiffres liés à l'enseignement ne sont pas moins
éloquents
Le taux brut de scolarisation, du primaire
au supérieur, s'élève à 62 % au Togo,
contre 51 % au Kenya, 43 % au Cameroun et 42 % au Ghana. Quant
aux dépenses publiques d'éducation, elles représentent
au Togo 4,5 % du PNB - soit 24,6 % des dépenses publiques
- alors que le Ghana y consacre 4,2 % de son PNB et 19,9 % de
ses dépenses publiques.
FEMMES DE TÊTE
Les
Togolaises sont des pionnières :
elles jouissent depuis 1945 du droit de vote et de candidature.
Concernant la protection et la jouissance des libertés
publiques, le Togo recueille également plusieurs bons points
Il figure d'abord parmi les 125 pays " où la presse
est libre, ou partiellement libre ". Il est mieux noté
que le Cameroun ou le Congo en matière de droits politiques.
On constate aussi, dans le Rapport, que les Togolaises
ont obtenu dès 1945 le droit de vote et de candidature
; les Camerounaises n'en ont bénéficié qu'en
1946, les Ghanéennes en 1954 et les Congolaises en 1963.
Au sein du gouvernement, en 2000, les femmes comptaient pour 7,4
% au Togo, alors que leurs effectifs se limitaient à 5,8
% au Cameroun et 1,4 % au Kenya.
Dernier constat, et non des moindres : en termes de stabilité
et sécurité des personnes et des biens, le Togo,
crédité de 3 points, s'avère nettement plus
rassurant que le Cameroun, le Congo et le Ghana, qui se voient
décerner 2 points chacun. Avis aux investisseurs, aux coopérants
et aux touristes !

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