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La récente découverte d'indices
attestant la présence de gisements offshore au large du
Togo braque sur cette " perle de l'Afrique occidentale "
les projecteurs des compagnies pétrolières et des
autorités américaines. Mais hydrocarbures ou pas,
ce petit pays pilote du continent noir - moins de 57.000 km²
pour 5 millions d'habitants - offre des atouts décisifs
aux investisseurs en quête de rentabilité et de sûreté
Pour commencer, le régime, qui combine présidentialisme
et multipartisme, y jouit d'une stabilité et y assure une
sécurité remarquables.
PLAQUE TOURNANTE
Colombe
de la Paix, au centre-ville de Lomé, en hommage
à la contribution du Togo au règlement des conflits
régionaux.
Si des dizaines d'entreprises à rayonnement régional
et international choisissent le Togo pour y établir leur
QG ouest-africain, c'est aussi et surtout pour bénéficier
de ses infrastructures, parmi les plus denses et les plus évoluées
du continent. D'une capacité de 700.000 passagers par an,
l'aéroport de la capitale est doté d'un dispositif
pour l'atterrissage en tout temps et d'une piste de 3 km pour
les gros porteurs (Boeing 747, etc.). La gare de fret aéroportuaire
a une capacité de 11.000 tonnes par an.
Le port de Lomé - le seul en eau profonde (9,5 à
12 mètres de tirant d'eau) du Golfe de Guinée -
est très apprécié pour la faiblesse de ses
marées. Les réseaux routiers (7.250 km) et ferroviaire
(525 km) quadrillent le pays, du sud au nord et d'ouest en est.
Les potentiels et équipements hydrauliques, électriques
et téléphoniques sont performants. Avec un système
de transmission par fibre optique, Lomé possède
l'une des installations de télécommunications les
plus modernes en Afrique.
Les hôtels - notamment les luxueux Sarakawa, Le Bénin
et Corinthia 2 Février - sont mondialement réputés.
Leurs salles de congrès attirent conférenciers et
publics sélects des cinq continents.
Les liens avec le reste de l'Afrique découlent de la position
géographique du Togo, véritable plaque tournante,
trait d'union entre Sahel et Atlantique, Afrique centrale et Maghreb.
Cependant que l'ouverture et le plurilinguisme sont nourris par
les multiples apports culturels - francophone, britannique et
germanique - légués par l'histoire coloniale.
ENGAGEMENTS INTERNATIONAUX

A
travers ses institutions économiques spécialisées
(Pnud, Onudi, etc.),
l'ONU est partie prenante dans le développement du pays.
Toutes ces prédispositions expliquent
la participation active, incontournable, du Togo aux grands réseaux
économiques, financiers et techniques régionaux
et continentaux : la Communauté économique des Etats
de l'Afrique de l'Ouest (CEDEAO) ; l'Union économique et
monétaire ouest-africaine (UEMOA), qui rassemble des pays
francophones et ambitionne la création d'un marché
commun ; la Banque centrale des Etats d'Afrique de l'Ouest (BCEAO)
; l'Agence pour la sécurité aérienne en Afrique
et à Madagascar (ASECNA) ; etc.
Sachant que le Togo peut être un moteur décisif du
développement régional, les grands bailleurs de
fonds s'y sont considérablement impliqués. Au début
des années quatre-vingt dix, plus de 25% des dépenses
publiques et 90% des dépenses d'investissement du pays
sont assurés par l'aide extérieure. Parmi les partenaires
clés : la France, bien sûr, mais aussi l'Allemagne,
le Japon, les Etats-Unis ; la Banque mondiale, le FMI, le Pnud
; le Fonds européen de développement, la Banque
européenne d'investissement ; la Banque islamique de développement
Plusieurs de ces contributeurs ont suspendu leur aide au développement
du Togo en 1993, sur les instances de l'opposition togolaise.
Mais la quasi-totalité d'entre eux ont repris leurs engagements,
après avoir constaté que leur boycott financier
avait entraîné une régression de la santé
et de l'éducation nationales. D'autant que les ténors
de la contestation togolaise n'offrent toujours pas d'alternative
cohérente.
CLIMAT TONIQUE
Le contexte économique, social et
fiscal togolais est éminemment propice aux affaires, aux
investissements, au tourisme
Et à l'installation
durable de cadres expatriés, accompagnés ou non
de leur famille.
Ainsi, la quasi-totalité des indicateurs sont encourageants.
Le PIB par habitant (1442 $ selon les calculs de Pnud, qui tiennent
compte du pouvoir d'achat) et l'Indice de développement
humain sont parmi les plus élevés de l'Afrique de
l'Ouest. L'inflation (1,9% en 2000) est très modérée.
La dette n'excède pas 1,6 milliards de $. La balance commerciale
est excédentaire, bien souvent (en 1994, 1998, etc.). Baromètre
de l'activité économique, le trafic du port de Lomé
a retrouvé le niveau des années fastes (plus de
2 millions de tonnes). Les systèmes médical et éducatif
sont à nouveau performants.
Atouts majeurs : la main-d'uvre abondante, fréquemment
qualifiée, et les salaires modérés. Le travailleur
togolais est réputé pour son sérieux et son
efficacité. L'esprit d'entreprise très répandu
- illustré par les fameuses Nanas Benz, ces redoutables
femmes d'affaires circulant en Mercedes - est conforté
par une presse dynamique, volontiers frondeuse.
FISCALITÉ TRÈS AVANTAGEUSE

Le
Togo redeviendra-t-il "la Suisse de l'Afrique" ?
Outre la simplification du régime des impôts (avec
adoption d'un taux unique de TVA), la refonte du Code du travail
et du Code des investissements - notamment en 1989 et 1996 - se
traduit par de multiples avancées : guichet unique pour
toutes les formalités ; baisse des droits et taxes d'enregistrement
; fiscalité réduite (2% au lieu de 7%) et réglementation
souple en matière d'embauche et de salaires ; diminution
des droits de douane sur les matières premières
et équipements importés ; diminution du nombre de
produits importés soumis à un contrôle des
prix ; liberté de transfert des revenus des capitaux investis
Les entreprises implantées dans
la zone franche industrielle de Lomé - tenues de garantir
l'exportation de leur production et de confier en priorité
aux Togolais les emplois permanents - bénéficient
de privilèges substantiels :
exonération
d'impôt les dix premières années
et taux réduit (15%) d'impôt sur les sociétés
à partir de la onzième année ;
exonération
de tous droits et taxes lors de l'exportation des produits
importés ou fabriqués dans la zone franche ;
exonération
de tous droits et taxes à l'importation sur
les matières premières, ainsi que sur le matériel
et l'équipement de l'usine ;
exonération
de l'impôt sur les dividendes pendant les dix
premières années, pour les actionnaires non nationaux.
SECTEURS PRIVILEGIÉS
Elaboré avec le concours de l'Onudi (Organisation des Nations
Unies pour le développement industriel), le Plan d'action
pour la relance et le développement industriel pour la
période 1997-1999 fixe deux priorités
Il
s'agit d'abord de valoriser les ressources nationales, agricoles
et minières : à travers les activités de
transformation légère et les industries agro-alimentaires
(huileries, brasseries
) utilisant les matières premières
locales. Parmi celles-ci : le coton (115.000 tonnes produites
en 1999), le café (17.000 t), le cacao (9.000 t) et bien
sûr le phosphate, dont le pays est le 12e producteur mondial
(en 2000). A noter que les propriétés du phosphate
togolais permettent la fabrication dans les meilleures conditions
d'engrais chimiques et d'acide phosphorique par voie humide.
Le
deuxième objectif du Plan d'action consiste à promouvoir
des activités exportatrices et à forte intensité
de main-d'uvre. Il s'agit notamment d'industries orientées
vers les marchés régionaux à coefficient
de capital plus élevé : électromécanique,
emballage, etc.
ENTREPRISES DYNAMISÉES
Les
luxueux établissements de Lomé ont trouvé
preneurs
parmi les grandes chaînes hotelières internationales.
Le Plan de relance et les mesures d'incitation fiscales ont favorisé
le développement de dizaines de sociétés,
particulièrement dans la zone franche industrielle de Lomé.
Elles se consacrent à des métiers aussi différents
que la peinture et les emballages métalliques, la fabrication
de cassettes et l'entretien des bateaux, les fruits de mer et
les articles en polystyrène.
Entamée en 1988, la campagne de privatisation
des quelque 150 sociétés détenues par l'Etat
ou des organismes publics, a elle aussi permis à d'importants
opérateurs - nationaux, mais surtout étrangers -
de se déployer au Togo. Parmi les entreprises emblématiques
investies par des intérêts privés : l'Office
Togolais des Phosphates ; Poste et Télécommunications
du Togo, rebaptisé Office des Postes du Togo ; la Compagnie
Energie Électrique du Togo, devenue Togo Electricité
; les hôtels 2 février, le Bénin et Sarakawa
(ce dernier a été acheté par la chaîne
internationale Mercure) ; la Société (devenue Banque)
Nationale d'Investissement ; le Parc Fazao, rebaptisé Fondation
Weber.
Toutes ces mutations attestent que - dans un contexte de mondialisation,
de déréglementation, et malgré un environnement
géopolitique troublé - le Togo d'Eyadéma
a su retrouver la voie de la croissance sereine, avec la contribution
active de puissants partenaires internationaux.

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