Les hôtels sont mondialement réputés. Leurs salles de congrès attirent conférenciers et publics sélects des cinq continents.

Les grands bailleurs de fonds se sont considérablement impliqués au Togo, sachant que ce petit pays phare peut être un moteur du développement régional.

Atouts majeurs : la main-d'œuvre abondante, fréquemment qualifiée, et les salaires modérés. Le travailleur togolais est réputé pour son sérieux et son efficacité.




Les entreprises implantées dans la zone franche industrielle de Lomé bénéficient de privilèges exceptionnels.

Le gouvernement a clairement fixé les priorités : valoriser les ressources nationales, agricoles et minières ; promouvoir des activités exportatrices et mobilisatrices de main-d'œuvre.


Voilà un pays où tout concourt pour séduire les opérateurs économiques : la situation géographique exceptionnelle et la qualité des infrastructures ; le multiculturalisme et l'esprit d'entreprise ; l'implantation des institutions internationales et de multiples partenaires occidentaux… Les autorités togolaises ne sont pas en reste : elles préservent les grands équilibres, offrent des conditions fiscales très avantageuses et privatisent des dizaines d'entreprises rentables.

Par Eymar DARC

La récente découverte d'indices attestant la présence de gisements offshore au large du Togo braque sur cette " perle de l'Afrique occidentale " les projecteurs des compagnies pétrolières et des autorités américaines. Mais hydrocarbures ou pas, ce petit pays pilote du continent noir - moins de 57.000 km² pour 5 millions d'habitants - offre des atouts décisifs aux investisseurs en quête de rentabilité et de sûreté… Pour commencer, le régime, qui combine présidentialisme et multipartisme, y jouit d'une stabilité et y assure une sécurité remarquables.

PLAQUE TOURNANTE


Colombe de la Paix, au centre-ville de Lomé, en hommage
à la contribution du Togo au règlement des conflits régionaux.


Si des dizaines d'entreprises à rayonnement régional et international choisissent le Togo pour y établir leur QG ouest-africain, c'est aussi et surtout pour bénéficier de ses infrastructures, parmi les plus denses et les plus évoluées du continent. D'une capacité de 700.000 passagers par an, l'aéroport de la capitale est doté d'un dispositif pour l'atterrissage en tout temps et d'une piste de 3 km pour les gros porteurs (Boeing 747, etc.). La gare de fret aéroportuaire a une capacité de 11.000 tonnes par an.
Le port de Lomé - le seul en eau profonde (9,5 à 12 mètres de tirant d'eau) du Golfe de Guinée - est très apprécié pour la faiblesse de ses marées. Les réseaux routiers (7.250 km) et ferroviaire (525 km) quadrillent le pays, du sud au nord et d'ouest en est. Les potentiels et équipements hydrauliques, électriques et téléphoniques sont performants. Avec un système de transmission par fibre optique, Lomé possède l'une des installations de télécommunications les plus modernes en Afrique.
Les hôtels - notamment les luxueux Sarakawa, Le Bénin et Corinthia 2 Février - sont mondialement réputés. Leurs salles de congrès attirent conférenciers et publics sélects des cinq continents.
Les liens avec le reste de l'Afrique découlent de la position géographique du Togo, véritable plaque tournante, trait d'union entre Sahel et Atlantique, Afrique centrale et Maghreb. Cependant que l'ouverture et le plurilinguisme sont nourris par les multiples apports culturels - francophone, britannique et germanique - légués par l'histoire coloniale.

ENGAGEMENTS INTERNATIONAUX


A travers ses institutions économiques spécialisées (Pnud, Onudi, etc.),
l'ONU est partie prenante dans le développement du pays.

Toutes ces prédispositions expliquent la participation active, incontournable, du Togo aux grands réseaux économiques, financiers et techniques régionaux et continentaux : la Communauté économique des Etats de l'Afrique de l'Ouest (CEDEAO) ; l'Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA), qui rassemble des pays francophones et ambitionne la création d'un marché commun ; la Banque centrale des Etats d'Afrique de l'Ouest (BCEAO) ; l'Agence pour la sécurité aérienne en Afrique et à Madagascar (ASECNA) ; etc.
Sachant que le Togo peut être un moteur décisif du développement régional, les grands bailleurs de fonds s'y sont considérablement impliqués. Au début des années quatre-vingt dix, plus de 25% des dépenses publiques et 90% des dépenses d'investissement du pays sont assurés par l'aide extérieure. Parmi les partenaires clés : la France, bien sûr, mais aussi l'Allemagne, le Japon, les Etats-Unis ; la Banque mondiale, le FMI, le Pnud ; le Fonds européen de développement, la Banque européenne d'investissement ; la Banque islamique de développement…
Plusieurs de ces contributeurs ont suspendu leur aide au développement du Togo en 1993, sur les instances de l'opposition togolaise. Mais la quasi-totalité d'entre eux ont repris leurs engagements, après avoir constaté que leur boycott financier avait entraîné une régression de la santé et de l'éducation nationales. D'autant que les ténors de la contestation togolaise n'offrent toujours pas d'alternative cohérente.

CLIMAT TONIQUE

Le contexte économique, social et fiscal togolais est éminemment propice aux affaires, aux investissements, au tourisme… Et à l'installation durable de cadres expatriés, accompagnés ou non de leur famille.
Ainsi, la quasi-totalité des indicateurs sont encourageants. Le PIB par habitant (1442 $ selon les calculs de Pnud, qui tiennent compte du pouvoir d'achat) et l'Indice de développement humain sont parmi les plus élevés de l'Afrique de l'Ouest. L'inflation (1,9% en 2000) est très modérée. La dette n'excède pas 1,6 milliards de $. La balance commerciale est excédentaire, bien souvent (en 1994, 1998, etc.). Baromètre de l'activité économique, le trafic du port de Lomé a retrouvé le niveau des années fastes (plus de 2 millions de tonnes). Les systèmes médical et éducatif sont à nouveau performants.
Atouts majeurs : la main-d'œuvre abondante, fréquemment qualifiée, et les salaires modérés. Le travailleur togolais est réputé pour son sérieux et son efficacité. L'esprit d'entreprise très répandu - illustré par les fameuses Nanas Benz, ces redoutables femmes d'affaires circulant en Mercedes - est conforté par une presse dynamique, volontiers frondeuse.

FISCALITÉ TRÈS AVANTAGEUSE


Le Togo redeviendra-t-il "la Suisse de l'Afrique" ?

Outre la simplification du régime des impôts (avec adoption d'un taux unique de TVA), la refonte du Code du travail et du Code des investissements - notamment en 1989 et 1996 - se traduit par de multiples avancées : guichet unique pour toutes les formalités ; baisse des droits et taxes d'enregistrement ; fiscalité réduite (2% au lieu de 7%) et réglementation souple en matière d'embauche et de salaires ; diminution des droits de douane sur les matières premières et équipements importés ; diminution du nombre de produits importés soumis à un contrôle des prix ; liberté de transfert des revenus des capitaux investis…
Les entreprises implantées dans la zone franche industrielle de Lomé - tenues de garantir l'exportation de leur production et de confier en priorité aux Togolais les emplois permanents - bénéficient de privilèges substantiels :
exonération d'impôt les dix premières années et taux réduit (15%) d'impôt sur les sociétés à partir de la onzième année ;
exonération de tous droits et taxes lors de l'exportation des produits importés ou fabriqués dans la zone franche ;
exonération de tous droits et taxes à l'importation sur les matières premières, ainsi que sur le matériel et l'équipement de l'usine ;
exonération de l'impôt sur les dividendes pendant les dix premières années, pour les actionnaires non nationaux.

SECTEURS PRIVILEGIÉS

Elaboré avec le concours de l'Onudi (Organisation des Nations Unies pour le développement industriel), le Plan d'action pour la relance et le développement industriel pour la période 1997-1999 fixe deux priorités…
Il s'agit d'abord de valoriser les ressources nationales, agricoles et minières : à travers les activités de transformation légère et les industries agro-alimentaires (huileries, brasseries…) utilisant les matières premières locales. Parmi celles-ci : le coton (115.000 tonnes produites en 1999), le café (17.000 t), le cacao (9.000 t) et bien sûr le phosphate, dont le pays est le 12e producteur mondial (en 2000). A noter que les propriétés du phosphate togolais permettent la fabrication dans les meilleures conditions d'engrais chimiques et d'acide phosphorique par voie humide.
Le deuxième objectif du Plan d'action consiste à promouvoir des activités exportatrices et à forte intensité de main-d'œuvre. Il s'agit notamment d'industries orientées vers les marchés régionaux à coefficient de capital plus élevé : électromécanique, emballage, etc.

ENTREPRISES DYNAMISÉES


Les luxueux établissements de Lomé ont trouvé preneurs
parmi les grandes chaînes hotelières internationales.


Le Plan de relance et les mesures d'incitation fiscales ont favorisé le développement de dizaines de sociétés, particulièrement dans la zone franche industrielle de Lomé. Elles se consacrent à des métiers aussi différents que la peinture et les emballages métalliques, la fabrication de cassettes et l'entretien des bateaux, les fruits de mer et les articles en polystyrène.

Entamée en 1988, la campagne de privatisation des quelque 150 sociétés détenues par l'Etat ou des organismes publics, a elle aussi permis à d'importants opérateurs - nationaux, mais surtout étrangers - de se déployer au Togo. Parmi les entreprises emblématiques investies par des intérêts privés : l'Office Togolais des Phosphates ; Poste et Télécommunications du Togo, rebaptisé Office des Postes du Togo ; la Compagnie Energie Électrique du Togo, devenue Togo Electricité ; les hôtels 2 février, le Bénin et Sarakawa (ce dernier a été acheté par la chaîne internationale Mercure) ; la Société (devenue Banque) Nationale d'Investissement ; le Parc Fazao, rebaptisé Fondation Weber.
Toutes ces mutations attestent que - dans un contexte de mondialisation, de déréglementation, et malgré un environnement géopolitique troublé - le Togo d'Eyadéma a su retrouver la voie de la croissance sereine, avec la contribution active de puissants partenaires internationaux.

 

 



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